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Fête de la Saint Pierre à Gruissan.

Fête traditionnelle des Pêcheurs

Les 28 et 29 juin, venez vivre des moments exceptionnels dans le respect des traditions de Gruissan, village de pêcheurs.

Le programme

Le jeudi 28 juin

à partir de 22h30, les Pêcheurs et le Réveil Gruissanais vous mènent dans les rues du village pour la sérénade.
Départ à la Prud’homie
Arrivée sur le parvis de l’Hôtel de Ville, où le Conseil des Fêtes vous accueillera avec une sangria

Le vendredi 29 juin

9h30 - Prud’Homie - discours officiels et présentation de Saint Pierre
10h30 - Eglise - Grand’Messe et Offrande des pêcheurs
16h30 - Eglise - Hommage à Saint Pierre
19h30 - Grand’Rue du village - Concert avec "Pas Vus, Pas Pris"

Historique de la Saint Pierre

Extrait de l’étude historique de Paul Carbonel

« Vers le milieu du XVIIème siècle, des pêcheurs de Gruissan trouvèrent au bord de la mer, parmi les épaves d’un navire naufragé, une « figure de proue » en bois, finement sculptée et peinte de diverses couleurs.

C’était à n’en pas douter, un buste représentant Saint Pierre.

On reconnut dans ce buste, sa belle tête barbue de pêcheur galiléen, son front têtu et ridé, ses lèvres saillantes, ses grands yeux bleus au regard fixe, enfin sa main gauche tenant les deux grosses clés du paradis.

Le buste, naturellement recueilli par l’église paroissiale, devint aussitôt l’objet d’une vénération particulière, en raison des circonstances remarquables qui avaient fait découvrir le « Patron des Pêcheurs » par des pêcheurs.

Bien qu’aucun document ne le confirme, il est très probable que cette trouvaille soit à l’origine de la fête pittoresque des pêcheurs, célébrée le 29 juin.

Bien avant 1789, le Conseil politique de la communauté précisait les moindres détails de cette célébration. Mais, le 28 brumaire an II (18 décembre 1793), une décision du Conseil Général du département ordonna que « disparaisse et périsse toute trace de fanatisme ».

Des « démolisseurs » envoyés par la société populaire de Narbonne vinrent à l’improviste, dans les derniers jours de 93, détruire les nombreux objets d’art et de piété que renfermait l’église.
L’alerte donnée, un groupe de femmes s’opposa aux vandales avec une farouche énergie.

Le buste de Saint Pierre souillé d’ordures, fut transporté à la Prud’homie des pêcheurs. Ce tribunal délibéra : « Il faut garder le buste ici afin qu’une telle profanation ne puisse se reproduire ».
Nettoyé, lavé, repeint, Saint Pierre fut placé sur une console dans l’angle droit de la salle des séances.
La tourmente passée, il y resta et il y est encore aujourd’hui. Il n’en descend qu’une fois l’an, le 29 juin.

Dès que cela fut possible, vers 1796 ou 1797, l’ancienne fête fut reprise, organisée désormais par la Prud’homie (qui date de 1791). Elle garda à peu prés tout son cérémonial originel jusqu’en 1870.

La fête de la Saint Pierre Aujourd’hui

Le 28 juin, les épouses des patrons-pêcheurs ont revêtu Saint-Pierre de son costume d’apparat, manteau de velours grenat à parements dorés, couronne dorée, large ruban de soie rose avec un gros nœud entourant les deux grosses clés dorées.

Placé ensuite, parmi des lys d’or et d’argent, sur un brancard à draperies rouges, Saint Pierre trône au milieu de la grande salle à manger de Monsieur le Curé, portes et fenêtres grandes ouvertes.

A la nuit tombée, l’orchestre assure la sérénade qui commence par « la Marseillaise » devant le buste de Saint Pierre, exposé dans la remise de la Prud’Homie.

Ensuite, la population défile devant le Saint. Certains embrassent les clés que Saint Pierre tient entre les mains et font un vœu. Puis, les musiciens font le tour du village et c’est la sérénade devant chaque maison de patrons-pêcheurs, maire et adjoints, Prud’hommes, curé, syndic des gens de mer, secrétaire de la Prud’Homie et pêcheurs s’appelant Pierre. Chacun offre à boire aux musiciens, mais aussi aux habitants. L’orchestre anime en jouant le cantique de Saint Pierre et des airs entraînants. Après la sérénade, un petit bal a lieu sur le parvis de la mairie.

Le 29 juin

A la Prud’Homie, le cortège se forme et est complété par les quatre juges revêtus de leur toge noire avec rabat blanc, coiffés de leur toque à galon d’or pour le Président et galon d’argent pour les Assesseurs.
Viennent ensuite : le Syndic des Gens de Mer, le Garde Maritime, le Garde Prud’homal, enfin le groupe compact des pêcheurs (plusieurs centaines) en leurs plus beaux habits.

Tout ce monde se dirige vers l’église en musique. Saint Pierre sur son brancard est porté par quatre pêcheurs et l’orchestre gruissanais joue une figure de quadrille. Au passage du Saint, les femmes se signent et jettent des fleurs, les hommes se découvrent.

Accueilli devant le porche par le clergé, Saint Pierre pénètre dans une nef pleine à craquer où éclate la musique du réveil Gruissanais.
Une fois Saint Pierre dans le chœur, Prud’Hommes à leur banc, Autorités (capitaines, maire…) et Marguilliers (teneurs du registre et membres du conseil de fabrique de la paroisse) sur les stalles (sièges en bois déposés autour du chœur), pêcheurs au banc, la grand’ messe commence…

Après l’évangile, le clergé s’installe au centre du chœur, face aux fidèles, les quatre Prud’hommes se placent au fond de l’église, au devant de tous les pêcheurs amassés près des fonts baptismaux, l’offrande va commencer…

Ce ne sont plus les grandes orgues ni le plain-chant mais un air cadencé qui emplit les voûtes : l’orchestre exécute une scottish (danse voisine de la polka, en 4 temps) bien rythmée.

Le 1er, 2ème 3ème et 4ème Prud’homme, puis les pêcheurs se dirigent vers le chœur en observant le rythme de la scottish.
Ils saluent en écartant les bras, la main droite tient la hampe surmontée de la petite barque dorée (symbolisant le travail) et la main gauche un cierge allumé (qui exprime la foi).
Il se dirige vers le chœur, dans l’axe de l’église, en observant rigoureusement dans sa marche le rythme de la scottish (musique qui rappelle les mouvements et les ondulations de la vague mais aussi la houle qui balance barque et pêcheur).

A quelques pas de l’officiant, il le salue en écartant très largement les bras. Il s’approche, baise la relique de Saint Pierre présentée par le Prêtre, recule de quelques pas et de la même façon, salue à droite le banc de la Prud’homie.
Revenant à son point de départ, il salue au passage la chapelle de la vierge et remet ensuite barque et cierge au deuxième Prud’Homme. Celui-ci procède exactement de la même façon.
Ainsi feront tour à tour, le troisième et le quatrième Prud’homme et à leur suite, tous les pêcheurs.

Le premier Marguillier est là pour veiller à la bonne tenue, fixer à chacun son tour et surtout afin que nul autre qu’un vrai pêcheur ne participât à l’offrande.

L’offrande est un rite, un honneur même, exclusivement réservé aux Pêcheurs, hommes de confiance à l’aspect grave, rude et puissant. On ne sait comment naguère leurs femmes ou leurs filles furent admises à y participer. Après la scottish, l’office s’achève très dignement.

Après la messe, les Prud’hommes en habit étaient reconduits en musique à la Prud’homie pour déposer le drapeau et la barque (le buste de Saint Pierre reste à l’église).
Ils reviennent à l’église pour les vêpres en ramenant le drapeau et la barque à l’église. Un dernier cortège de musique conduit Saint Pierre en procession au port des pêcheurs afin de jeter des fleurs dans l’eau en hommage aux pêcheurs disparus en mer.

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