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Historique du Monuments aux morts de Gruissan

A l’occasion de la commémoration du centenaire du début de la Grande Guerre et du 96ème anniversaire de l’armistice, un nombreux public était rassemblé au pied de ce monument emblématique pour honorer dans la ferveur du recueillement le souvenir des disparus de notre commune.

En effet, y sont gravés dans la pierre les noms de tous les soldats tombés au champ d’honneur :
• 64 poilus pour la guerre de 14/18 (une hécatombe pour Gruissan qui ne comptait que 1651 habitants en 1911)
• 14 pour la guerre de 39/45
• il y manque le nom de Gruissanais tombés pendant la guerre d’Algérie

Aussi il nous a paru opportun de nous remémorer les circonstances qui ont permis l’édification de ce monument.

C’est bien après la fin de la guerre de 1870 dans une délibération du Conseil Municipal du 4 Avril 1899 que pour la première fois et sur la demande d’un Comité local constitué pour la construction d’un Monument Commémoratif des victimes de la guerre de 1870 on faisait appel à la générosité de la commune. Les élus votèrent une somme de 100 francs (or) pour contribuer à l’édification d’un ouvrage.

Mais le projet tomba dans l’oubli, peut-être à cause des remous causés par l’affaire Dreyfus. La Grande Guerre terminée il faudra attendre une délibération du Conseil Municipal du 20 Mars 1920 sous le mandat du Maire Joseph Camp, qui désignera une commission de 4 membres adjointe au Comité local chargée de lancer les études sur le projet de construction d’un Monument Commémoratif.

Une souscription publique ouverte avait déjà recueilli la somme de 10 000 francs.
Lors du Conseil Municipal du 10 Novembre 1920 le Comité a communiqué le coût de l’ouvrage qui selon les études s’élevait à environ 13 000 francs, et il demandait une subvention de 3 000 francs, somme qui a été votée sur le budget de 1920, par ailleurs l’ancienne « rue du pont » fut retenue pour l’emplacement, car la plus large du village.

Le 2 Avril 1921 le Maire J. Herbeil décidait qu’il convenait de donner suite au projet et demandait au Conseil Municipal de donner son avis sur la façon dont il devait être exécuté ; à cette occasion le Comité a exprimé le désir que la réalisation de l’œuvre soit en pierre extraite de la commune et confiée à un de ses carriers.

Le Maire ayant obtenu du Préfet l’autorisation de traiter ce marché de « gré à gré » la réalisation en fut confiée au Maître carrier Elie Valla dont le projet prévoyait la construction d’un piédestal en 5 parties de 3,72 m de hauteur la pierre provenant de la carrière de Gamarre (sur l’île saint Martin) sur lequel serait posé un « poilu » en bronze de 1,60m de stature et ce pour un coût total de 13 734 francs.

Pour la petite histoire, il est bon de rappeler une anecdote survenue lors du transport du piédestal taillé et sculpté par Elie Valla et Louis Bonnot dit « le Moro » placé sur une charrette tirée par deux chevaux. En effet au moment de franchir le pont qui était en mauvais état, la perplexité des carriers fut grande et redoutant que le pont ne puisse supporter une telle charge, « le Moro », il avait 61 ans, n’écoutant que son courage et sûr de sa force herculéenne, fit dételer les chevaux, se plaça entre les brancards et à pas maitrisés tira la charrette avec succès sur l’autre rive sous le regard admiratif et médusé des spectateurs présents. Ce fût un bel exploit !

Ainsi le monument que nous contemplons aujourd’hui a pu être érigé, surmonté de son « poilu » sculpté dans la pierre.

C’est au cours de la séance du Conseil Municipal du 15 décembre 1921 qu’il fut décidé de procéder à l’inauguration de cet édifice, inauguration officielle qui eut lieu le 21 mai 1922 avec faste et la présence du ministre des colonies, le préfet et sous-préfet, les parlementaires de l’Aude et les élus du canton et une nombreuse foule.

Texte de Claude Cardonne

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