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Nos palmiers en danger.

Leur préservation, une participation de chacun de nous.

Depuis plusieurs années, la Ville de Gruissan met en œuvre le traitement des 205 palmiers contre le papillon et le charançon du palmier. Les principales essences présentes sur le domaine public de la commune sont le Washingtonia Robusta, le Phoenix Canariensis, le Chamaerops Humilis, et quelques Dactyliferas.

Trois traitements sont effectués le premier fin mai, le second fin juin, le dernier fin septembre. Ces traitements sont effectués en pulvérisation sur le feuillage et le stipe (tronc) avec un insecticide à base d’imidaclopride. En 2013 une entreprise agréée est intervenue en septembre pour faire un dernier traitement à base de nématodes pour éradiquer les dernières pontes.

La sauvegarde des palmiers ne peut réussir qu’avec la participation de chaque propriétaire de palmier de notre commune mais aussi de chaque citoyen. Les informations qui suivent vous permettront d’être informé et d’avoir les moyens d’agir contre ces fléaux.

Les ravageurs du palmier

- Le papillon palmivore ( Paysandisia archon)
Il s’est introduit en France en 2001 et a été inscrit sur la liste des organismes nuisibles dès 2002. D’une envergure pouvant atteindre 10 cm, ce papillon diurne apparait de mi-juin à fin septembre avec un pic en juillet/août. Très dépendant de la chaleur, le papillon vole aux heures les plus chaudes entre 11h et 17h. Les éclosions ont lieu entre 8h et midi.
Le papillon ne se nourrit pas et puise dans ses réserves durant ses 2 à 3 semaines de vie ; son seul objectif est de se reproduire.

Les larves et chenilles dévorent toutes les espèces de palmiers ornementaux avec une préférence pour les Trachycarpus, les Chamaerops humilis, le Phoenix canariensis, le Phoenix dactylifera et le Washingtonia filifera.

Les symptômes d’infestation se caractérisent par des palmes perforées « en rafales » sur les trachycarpus, chamaerops et washingtonias.
Sur les Phoenix elles paraissent grignotées ou desséchées. Des palmes cassées doivent toujours faire suspecter une attaque de papillon.
La présence de sciure (déjections des larves) sur la base des pétioles, le tronc ou sur les feuilles émergentes. Des galeries sont observables à la base des palmes et parfois des exuvies sont visibles sur le tronc. Certains palmiers attaqués produisent des écoulements de sève qui solidifient sous forme de gomme.
Ensuite, les palmes se dessèchent progressivement et le palmier dépérit.

- Le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus ou CRP)
Bien plus redoutable que le papillon, ce ravageur a été identifié en 2006 dans le sud-est de la France.
L’insecte adulte mesure 3 à 4 cm de long et se déplace par essaimage en volant de palmier en palmier. Deux fois par an, la femelle pond des centaines d’œufs (200 à 300) déposés à la base des palmes centrales de la tête du palmier. En se transformant, les larves se nourrissent des fibres du palmier causant des dégâts au cœur de la partie supérieure du palmier et sa mort lorsque le bourgeon terminal est atteint.
Le charançon rouge attaque surtout les phoenix canariensis. Les premiers symptômes n’apparaissent que bien après le début de l’infestation ; souvent, le palmier est déjà très déstructuré et meurt rapidement si rien n’est fait.
Les CRP profitent de toute blessure du palmier comme voie d’entrée ; ils s’introduisent aussi par les éclatements de croissance à la base des gaines des palmiers. Les symptômes les plus précoces sont la présence de nécroses brunes souvent cylindriques à la base des palmes. La destruction par les larves des tissus vasculaires à la base des palmes entraine parfois une inclinaison inhabituelle des palmes. La solidité des palmes peut être faite en les penchant à l’opposé du cœur ; une palme infestée est rendue cassante et peut alors laisser apparaitre un réseau de galeries porteuses de sciure, larves ou cocons.
La présence d’encoches sur les palmes du cœur, comme découpées au ciseau, est un symptôme précoce facile à repérer.
Un écoulement fermenté nauséabond, l’assèchement des palmes du centre, le désaxement du plumeau central, l’affaissement des palmes ou de la couronne entière représentent des symptômes assez tardifs.

Lutte contre les ravageurs

Traitement contre le papillon du palmier
Seules les nématodes, Steinerma carpocapsae sont disponibles et applicables par les particuliers. Ce traitement vise la destruction des larves (chenilles). Il doit donc être effectué pendant la période d’activité du papillon.

L’idéal est de faire 5 applications aux dates suivantes : mi-juin, mi-juillet, mi-août, mi-septembre et la dernière mi-octobre. Ceci est valable uniquement pour les espèces autres que phoenix canariensis et dactylifera. Pour ces 2 espèces ce protocole ne permet pas de les protéger efficacement. Seul un insecticide biologique à base de Spinosad s’avère assez actif mais il ne peut être utilisé que par des professionnels agréés.
Le produit est moins cher que les nématodes et plus souple d’utilisation. Se regrouper entre voisins permet de diminuer le coût de l’opération.

Enfin, il existe Biopalm, une glu qui empêche le papillon de pondre sur le palmier et qui perturbe fortement le développement des jeunes adultes émergents d’un palmier déjà atteint lors du traitement.
Ce produit à 95% d’origine naturelle développé par l’iNRA et Sup Agro Montpellier, n’est utilisable que par des professionnels agréés et avec du matériel spécifique.

Reste la capture du papillon : si votre palmier montre des symptômes d’infestation il est possible d’inspecter quotidiennement les troncs le matin durant la saison estivale ; l’émergence des adultes intervient entre 8h et midi et dure plusieurs heures, moment où l’adulte est très vulnérable.

Traitement contre le charançon du palmier (CRP)
- Les mesures préventives
La difficulté d’un diagnostic précoce allié à la fulgurance des dégâts observés ont conduit les pouvoirs publics à adopter un arrêté ministériel (21.07.2010) qui rend obligatoire la surveillance et la lutte contre le charançon sur tout le territoire national. Dans un rayon de 200m autour des foyers, une surveillance mensuelle des palmiers est obligatoire.

Compte tenu de l’attirance du charançon pour les tissus frais de palmiers, l’élagage des espèces sensibles (phoenix canariensis et dactylifera) doit être abandonnée de Mars à Novembre. En effet, les composés très volatiles émis pendant la taille favorisent l’essaimage des charançons et donc l’apparition de nouveaux foyers. Une palme gênante peut être raccourcie en partie plutôt que supprimée dans sa totalité : une coupe de petite section libèrera moins de composés attirant le CRP mais le risque demeure.
Donc toute taille de palmes vertes effectuée pendant la période à risque doit être suivie d’un traitement insecticide chimique à base d’imidaclopride (par pulvérisation sur les plaies de taille). Les palmes complètement sèches peuvent être éliminées sans risque durant cette période.

- Les produits autorisés
A ce jour, deux matières actives sont homologuées et disponibles pour les particuliers : une d’origine biologique l’autres chimique.
Ces deux types de substances ont le même taux d’efficacité. Le choix se fera donc en fonction :
* de la sensibilité de chacun à l’emploi de substances nocives
* de la configuration des lieux du traitement : proximité d’une piscine, d’une zone humide…
* de l’utilisation du lieu (coin repas, jeu d’enfants...)
* du coût

Traitement biologique : le plus vertueux mais le plus onéreux. Traitement à base de nématodes Steinernema carpocapsae, disponible sous deux appellations commerciales PALMANEM et PALM-LIFE. D’autres marques existent en jardinerie, tout aussi efficace. Les nématodes sont à conserver au frais, leur durée de vie est très limitée.

Traitement chimique ou mixte : Les traitements insecticides sont réalisés avec une préparation à base d’imidaclopride, seule molécule homologuée.

Procédure à suivre pour les particuliers contre le charançon rouge
Votre palmier est contaminé par du charançon rouge
Vous avez identifié un ou plusieurs symptômes d’infestation du charançon rouge. Vous avez eu la confirmation de sa présence par un professionnel, la FREDON ou la mairie (service espaces verts)

1. Déclarer le foyer
Au service du Ministère de l’Agriculture en charge de la protection des végétaux sur l’Aude. (SRAL) ou à la mairie de Gruissan qui transmettra le signalement. Vous recevrez alors un courrier de notification de mesure administrative et disposerez d’un délai de 15 jours pour mettre en place une lutte curative (abattage ou assainissement)
2. Contacter une entreprise habilitée à intervenir
Choisir une entreprise reconnue apte à intervenir sur les palmiers (liste disponible sur le site internet de la Draaf). Demander plusieurs devis et essayer de se grouper entre résidents d’un même quartier afin d’avoir un meilleur prix.
3. Transmettre au SRAL
l’avis de destruction du foyer dans un délai de 3 jours maximum avant le début chantier. Avis présent en dernière page du courrier de notification qui vous a été envoyé.

Coordonnées utiles
- Services techniques de la Ville de Gruissan 04 68 49 08 88
- DRAAF Direction Régionale de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Forêt 04 67 10 19 00
- FREDON Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles 04 67 75 64 48
- SRAL Service Régional de l’Alimentation 04 68 54 12 77

Liste des entreprises reconnues aptes à intervenir sur les palmiers dans le cadre de la lutte contre le charançon rouge (source DRAAF)
- SARL JARDI CARCASSONNE
Rue Jean Monnet 11 11000 CARCASSONNE 04 68 11 96 66
- ELAGAGE DU SUD
25, rue du Cougain 11 11100 NARBONNE 04 68 41 07 06
- JARDINERIE FABRE
ZAC Bonne Source 13 Rue Pollet 11100 NARBONNE 04 68 32 56 49
- VIAGREEN SARL
30 Rue Henri Rouzaud 11100 NARBONNE 04 68 32 95 01
- SARL LE JARDIN VERT
12, chemin Perrière 11370 LEUCATE 06 16 02 11 31
- SUD ESPACES VERTS
9 Rue de l’Artisanat BP 50519 11105 NARBONNE 04 68 27 05 21

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