Culture, Patrimoine, Sports et Associations
Vœux 2010
  Enregistrer au format PDF

Gruissan d’Autrefois n°010

Novembre 1989 Bicentenaire de la Révolution Française

Alphabétisation des hommes de la Révolution
Par Marie-Rose Taussac

Les instituteurs de l’ancien régime, proposés chaque année par le Conseil Politique devaient, pour exercer leurs fonctions, obtenir l’accord des autorités religieuses.

« La Communauté consent que lesdits Pujol, maître d’école, et demoiselle Rajouls, régente, continuent leurs fonctions sous le bon plaisir de M.M. les Vicaires généraux de Monseigneur l’Archevêque de Narbonne, lesquels l’assemblée supplie de donner leur approbation, leur aptitude pour montrer et leur bonne conduite paraissent mériter cette grâce ».

On peut s’étonner du ton presque servile des Conseillers, c’est qu’ils s’adressaient à leur seigneur et que l’habitude était longue d’humble respect ! Cela se passait en 1786. Pendant les temps révolutionnaires, cette soumission, bien entendu, n’existe plus. Une autre contrainte intervient : on prononce, maintenant le serment civique des fonctionnaires. Les enfants étaient-ils correctement instruits ? A 10 ans, la plupart des garçons embarquaient comme mousse ! Alors, l’école ! Pourtant, fils de notables, ou enfants intelligents qu’on a su scolariser, davantage ont une belle écriture très courante. Ils sont peu nombreux, par ce petit relevé de signatures, 3 seulement, 3 fils de notables écrivent normalement, les « marques » des autres comptabilisent 9 analphabètes. On remarquera que tous les Azibert n’ont pas le même niveau social.

Gruissan 1792 : Son arbre, ses fêtes (suite)
Par André ICHE

Où ? Le seul emplacement convenable, comme nous le précisera la suite du présent article, ne peut être que la place de l’église, non submergée lors des coups de mer. La maison commune jouxtant pratiquement la dite place. 30 ventôse AN X (21 mars 1802) La fête révolutionnaire à Gruissan. La délibération municipale de cette date relate dans le détail que voici ci après, une fête communale de notre village : « Voici les faits. Ce jourd’hui de la République Française une et indivisible à 9 heures du matin : « A la maison commune étaient rassemblés les vieillards PJ JOURNEL, L. BARON et autres, les capitaines du commerce PJ PAYRI, G BENAS … ; les invalides de la marine, les instituteurs primaireset particuliers et les élèves et, de jeunes citoyens choisis pour porter les bannières, sur lesquelles sont inscrits en gros caractères, les articles de « droit de l’homme et du citoyen » et de la constitution, désignés par l’arrêté du directoire et, autres citoyens.

Après que le citoyen Bouis, agent municipal a eu fait distribuer une baguette blanche à chacun des vieillards et que chacun eut pris sa place ; le cortège est parti en chantant des hymnes patriotiques pour se rendre sur la place où sous l’arbre de la liberté est élevé l’autel de la patrie, orné par des branches de laurier, d’oliviers et de chêne, surmonté du drapeau tricolore et sur lequel est le livre de la Constitution.

Arrivés sur la place, les barrières plantées autour de l’autel, après un chant analogue à la fête, les vieillards ont enroulé de rubans tricolores leurs baguettes. L’harangue qu’a prononcée le citoyen P.GIBERT, ainsi que la réponse de M.BOUIS agent municipal a été souvent interrompue par des applaudissements et a été terminée par les phrases consacrées dans l’arrêt du Directoire, ensuite on a lu solennellement la proclamation annexe audit, arrêt et l’adresse des administrateurs du département des 10 et 19 courants.

Cette lecture a été souvent suspendue par les cris répétés de « Vive le peuple souverain, vive la grande nation, vive la République ». Ces lectures finies, les jeunes citoyens qui portaient les bannières ont pris le faisceau formé par les baguettes des vieillards et le livre de la constitution, et au chant des hymnes patriotiques, le cortège est revenu dans la maison commune chacun marchant à sa place. Vers 4 heures du soir, le petit nombre de jeunes gens qui sont dans la commune et qui n’attendent que le vent favorable pour aller à Toulon sur les vaisseaux de la République et le grand nombre des citoyens ont terminé la fête par des danses prolongées jusqu’à l’embouchure de la nuit.

Fait dans la maison commune de Gruissan les jours, mois et ans que ci-dessus. Beaucoup d’autres fêtes ont été organisées à cette époque soulignant ainsi l’enthousiasme de la population pour les idées nouvelles. Nous retenons les fêtes suivantes : 26 Messidor an VI, célébration du 14 juillet, 20 Audiclor an VI, anniversaire du 18 Fructidor*1er jour de l’an célébration de la mort du Roi, 23 Ventôse an VII fête de l’arbre, Frimaire an X fête à l’occasion de la paix avec l’Angleterre (feu de joie, fusées volantes, danse). Toutefois, aucunes de ces dernières ne furent décrites avec autant de ferveur que celle du 30 ventôse An X. L’histoire de Gruissan a déjà fait l’objet en 1916 d’une étude sérieuse par Julien ICHE, le bicentenaire de la Révolution Française nous a permis de pénétrer plus avant dans la vie de nos aïeux durant cette période historique.

*Coup d’état du 4 sept 1797 du Directoire

Ils refusent d’aller à la guerre : on pourchasse les déserteurs à Gruissan.
Par Marie-Rose Taussac

La révolution commencée dans une sorte d’allégresse voit les mentalités changer quand surviennent les excès des persécutions et les énormes difficultés qu’apporte la guerre. Dans toute la France, on a fêté Jemmapes et Austerlitz, mais l’envers de l’épopée, il faut le dire, c’est le refus de milliers de Français de « jouer les héros ». Faux papiers, faux certificats, exception par le mariage, fuite dans « le maquis », tout était bon. Les familles, les villages soutenaient les déserteurs*. On commence à parler d’eux à Gruissan en 1792. Maire et officiers municipaux sont réquisitionnés par Bernard Azibert, syndic des gens de mer « qui réclame l’autorité municipale pour forcer plusieurs matelots à se rendre à leur destination incessamment ». Deux gendarmes sont envoyés en renfort de Narbonne, et on décide de les placer « en garnison chez les matelots désobéissants aux ordres jusqu’à ce qu’ils se soient rendus au port pour lequel ils sont destinés ». Ce n’est qu’un commencement. Quand les guerres deviennent plus meurtrières, les insoumis deviennent plus nombreux, les recherches plus actives et aussi vaines. En 1796, le village est cerné à 2h et demi du matin par « les gendarmes et une escouade de volontaires ». On a donné la liste des déserteurs, mais la Municipalité affirme que cette liste comprend des noms « des marins qui sont certainement sur les Bâtiments de la République ».Et le récit se termine par « on a trouvé personne ». Complicité ? Réalité ? Lundi 11 avril, lundi 2 mai 1796 : nouvelles perquisitions toujours infructueuses. Marguerite Bouis en public, s’exclame « les marins étaient bien imbéciles et des coujons (couillons ?) de partir pour le service et que si elle avait son mari dans ce lieu, elle s’opposerait à son départ ». Vendredi 15 mai 1796 : l’administration est débordée : E.J Razouls, P.Payre, J.Crouzat doivent être arrêtés et conduits « de brigade en brigade jusqu’au port de Toulon ». On ne les trouve pas. Par représailles, on veut placer gendarmes, chevaux en garnison dans leurs familles qui ont « refusé à quel prix que ce soit » les uns monté sur les autres « ont été obligés de se retirer ». Les Prud’hommes sous l’empire en 1807 sont associés à la Municipalité, pour « presser le départ des déserteurs, fuyards, désobeissants ». C’est qu’Aboukir et son drame sont passés par là. On saisit les engins de pêche des fuyards, on les aperçoit, ils jettent leurs « globes ». Mais ils s’échappent ! Au large, sur nos côtes « Les armements ennemis » sont là, menaçants.

*Allan Forrest : Déserteurs et insoumis par F.Crouzet (notes)



Mercredi
8 septembre
Pleine-lune
Pleine-lune
Nuit
Min. 15°C
Jeudi
9 septembre
Soleil
Soleil
Max. 25°C
Min. 14°C

Hygiène et sécurité ville de gruissan

Vos habitudes et attentes en matière d’information et de communication

Quels outils d’information privilégiez-vous pour vous tenir au courant de la vie locale : : ?
Vous souhaitez communiquer avec la mairie, quels moyens devons-nous développer ? : ?