Réunis en mairie, ils étaient une dizaine d’anciens combattants de la guerre 1939-45, domiciliés dans notre commune, venus en famille, à l’invitation du maire, retirer leur diplôme d’honneur, signe de reconnaissance du pays en remerciement de leur dévouement au service de la France.
Le premier magistrat, Didier Codorniou s’est exprimé en rappelant « que l’année 2010 est une année importante dès lors qu’elle offre l’occasion de commémorer le 70ème anniversaire des combats de 1940, l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle et les premiers pas de la Résistance qui s’organise, raisons pour lesquelles Hubert Falco, secrétaire d’état, a souhaité que chaque maire remette le diplôme d’honneur aux anciens combattants de leur commune, quels que soient leur origine, leur lieu de résidence et les unités au sein desquelles ils ont combattu… ».
Après avoir lu et rappelé l’importance de cet appel, le maire, en présence des représentants locaux et départementaux des Anciens Combattants, Gabriel Yvenat, président pour Gruissan et Jean-Claude Cornilleau, président pour l’Aude, des représentants du Souvenir Français et des élus de la commune, a présenté et félicité les récipiendaires.
Ainsi, à la veille du 14 juillet, Joseph De Santacatalina, Albert Barthez, Guy Bonnafous, Gabriel Oustric, François Falguera, Norbert Gerinier, François Cascales, Roger Bosc, Guy Terme, Roger Baudrey et Denise Guilhem, ont reçu avec émotion, un diplôme d’honneur afin que leur descendants, leurs voisins, ceux qui les connaissent dans leur quartier se sentent impliqués dans une démarche collective de mémoire qui ne laisse personne de côté.
7 autres diplômes seront remis à domicile ou à leur famille à André Parvy, Marcel Roudière, Nicolas Bory, Gilbert Tortosa, Jean Beaujard, Henri Heran, André Boegli et Pierre Vauthier, ces derniers n’ayant pu être présents à cette cérémonie.
Lors du vin d’honneur qui a conclu la cérémonie le doyen, Joseph De Santacatalina et Guy Bonnafous n’ont pas hésité à pousser la chansonnette.
Hommage aux anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale qui ont pour la plupart également servi lors des conflits internationaux tels la guerre d’Indochine et d’Algérie :
Né le 24 avril 1910, Joseph De Santacatalina fût soldat dans l’armée de terre dans le nord de la France, un petit matin encerclé par les allemands, il s’évade en compagnie de trois amis pour regagner à pieds le midi. Joseph est un exemple de droiture et de respect pour les valeurs du travail.
Né le 15 juillet 1917, après avoir fait l’école militaire dans l’aviation, Albert Barthez a été appelé dans l’artillerie en octobre 1938 à Draguignan. Puis, il a été envoyé à la défense de Dunkerque, en Belgique et Hollande. Replié en juin 1940 au 363ème régiment d’artillerie lourde pour pouvoir couvrir l’embarquement des anglais, il fut prisonnier à Braydune après une marche forcée en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne. Prisonnier de guerre en Autriche pendant 5 ans, Albert Barthez fut libéré par le général Alexander à Klagensurt. Il n’a revu ses parents et sa patrie que le 15 juin 1945.
Né le 28 août 1920, Guy Bonnafous s’est engagé en tant que volontaire dans la marine nationale où il a servi en tant que matelot armurier en étant embarqué sur le Cuirassé-Paris de 1938 à 1939. Puis, durant la bataille de Cherbourg en 1940, il a été fait prisonnier de guerre et envoyé en Allemagne au Stalag N° 12B durant deux ans, avant de s’évader et de rentrer dans la résistance. Guy Bonnafous a ensuite regagné les forces libres au Liban et fut en 1945, chargé de l’organisation de l’armement de marine à Beyrouth. Il fût démobilisé à la fin de l’année 1945.
Né le 11 janvier 1922, Gabriel Oustric est caporal en chef pendant la guerre de Tunisie puis il débarque à Toulon où il est nommé sergent. De 1939 à 1945, il parcoure la Corse l’Italie, l’île d’Elbe, la France et l’Allemagne. En 1945, Gabriel Oustric est sergent chef en Indochine durant 2 ans et est démobilisé en 1948.
Né le 29 juillet 1923, François Falguera fut quartier maître chef dans la marine militaire durant la seconde Guerre Mondiale. Après avoir été démobilisé, il a fait sa carrière comme chef de brigade dans les douanes.
Né le 15 septembre 1923, engagé volontaire dans l’armée aux environs de Tunis, Norbert Gerinier a fait la campagne de France en tant que 4ème grade puis a effectué toute sa carrière dans la gendarmerie.
Né le 10 avril 1925, François Cascales a quitté le domicile familial à l’âge de 18 ans pour rejoindre de 1944 à 1945 les tirailleurs marocains. Engagé ensuite dans la gendarmerie, il est parti en Indochine de 1951 à 1953 avant de passer 7 ans en Algérie. Durant ses périodes François Cascales a obtenu 2 croix de guerre a poursuivi sa carrière en tant qu’adjudant en chef dans la gendarmerie et a été décoré de la légion d’honneur et de la médaille militaire en 1962.
Né le 26 août 1925, soldat militaire de carrière, Roger Bosc a parcouru de nombreux pays dont l’Indochine. Décoré de la croix de guerre, de la médaille militaire et de la légion d’honneur, Roger Bosc est arrivé à Gruissan en 1966 pour vivre pleinement sa retraite.
Né le 10 août 1926, Guy Terme fut maréchal des logis en chef en Algérie. Après la seconde guerre mondiale, il fut remobilisé pour la guerre d’Algérie dans la territoriale blindée et continua sa carrière en tant que maître chaix toujours en Algérie avant de regagner la France.
Né le 24 août 1926, Roger Baudrey distribuait le courrier pendant la résistance, il est alors âgé de 16 ans. Puis, il s’engage au 8ème chasseur du bataillon de Sidi Braïm incorporé dans la 3ème armée américaine du Général Patton. Il participe aux combats de la libération de Paris et défile sous l’Arc de Triomphe, le 14 juillet 1945. Par la suite, il fait carrière dans l’industrie pharmaceutique en tant que délégué à la formation médicale.
Née le 17 avril 1927, Denise Guilhem est entrée dans la résistance à l’âge de 16 ans. Elle fût agent de liaison au maquis de Bir Hakeim durant toute la seconde guerre mondiale où elle a risqué sa vie en étant arrêtée en cours de mission. Après avoir été démobilisée, elle est devenue couturière pour de grandes maisons. Denise Guilhem est toujours restée en étroite liaison avec les résistants du ministère de l’intérieur, les anciens combattants et l’association des déportés de la région parisienne où elle fût très honorée.

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